Pr André Nieoullon : Les grands enjeux concernent les pathologies en rapport avec l’allongement de la durée de la vie, ou encore les pathologies liées à l’environnement et à la qualité de vie. Nous avons en charge au moins en partie les réponses que la société pourra apporter au vieillissement de sa population et ceci implique une coordination des moyens entre recherche académique, l’industrie pharmaceutique et les associations de patients. Cette synergie est plus que jamais nécessaire pour une innovation thérapeutique que nos concitoyens attendent.
Nos attentes portent également sur le développement de nouvelles technologies comme celles impliquant les nanotechnologies dont on ne cerne pas encore toutes les potentialités, ni les limites. D’autres domaines doivent être développés de façon à rester compétitifs. L’imagerie cérébrale est l’un de ces domaines mais il faut aussi consentir un effort majeur pour les thérapies cellulaires et les thérapies géniques, dont le potentiel est sans nul doute considérable. Enfin, les neurosciences théoriques, peut-être à même de nous permettre un jour d’accéder aux bases de la conscience, doivent également être prioritairement soutenues.
Ces domaines sont plus que tout autre, porteurs de questions d’éthique. Il sera de ce point de vue nécessaire de poursuivre la réflexion sur cette dimension de la recherche en neurosciences, impliquant parallèlement une sensibilisation et une responsabilisation de la communauté scientifique et un débat ouvert à l’ensemble des acteurs de notre société.
La Société des neurosciences et ses membres sont parfaitement conscients de leurs responsabilités dans le domaine de ces avancées et cette réflexion collective devrait contribuer à limiter les risques de dérives potentielles.
A cet égard, il faut rappeler ici que la recherche biomédicale dans notre pays est déjà très encadrée puisqu’ aucun programme de recherche impliquant l’homme ne peut être mis en place sans avoir reçu l’autorisation du Comité pour le Respect de la Personne Humaine (CRPH) dans le cadre d’un protocole obligatoire.
En conclusion, il convient de rappeler que si l’avancement dans la connaissance n’est et ne doit pas être une fin en soi, en contrepartie aucun progrès thérapeutique majeur n’a pu être obtenu sans une recherche fondamentale en amont d’excellence, qui apporte les concepts porteurs de ces progrès et qui doit donc être soutenue de façon exemplaire.