Dr Etienne Hirsch : De près ou de loin, on peut considérer qu’aujourd’hui en France un quart de la population est touchée dans son entourage par une maladie neurologique :
- Entre 800 000 et 900 000 personnes pour la maladie d’Alzheimer
- 500 000 pour l’épilepsie
- 100 000 à 120 000 pour la maladie de Parkinson
- Au moins 80 000 pour la Sclérose en Plaques
- 130 000 cas d’AVC par an
- 12 000 cas de suicides chaque année.
Ce sont au moins trois millions de personnes qui sont concernées.
Sur la durée d’une vie on estime qu’entre 17 et 19% de la population a souffert de dépression.
Certains ont parfois l’indécence de prétendre qu’on « inventait » de nouvelles maladies pour permettre aux laboratoires pharmaceutiques d’augmenter leurs revenus !
La réalité, c’est qu’on a considérablement amélioré la compréhension du système nerveux et que l’on a pu en conséquence préciser les diagnostics. La durée de vie a parallèlement augmenté. Or plus on vieillit plus on augmente les risques de développer ce type de maladies. Alors que faire ? Arrêter d’augmenter la durée de vie ?
En 2005, on recensait en France 150 000 personnes séropositives, 700 000 personnes atteintes d’un cancer. Les sommes affectées à la recherche sur ces maladies sont très largement supérieures à celles qui sont consacrées à la recherche en neurosciences.
Comment expliquer ce décalage ? Parce que dans notre pays il n’y a aucun lobbying au profit de ce domaine de la recherche scientifique. Le développement de ce secteur est encore récent, les nouvelles technologies permettent d’avancer rapidement, mais la communauté scientifique et les associations n’ont pas encore suffisamment mené d’actions de mobilisation au niveau des institutions et des instances politiques et économiques. C’est très certainement un des défis à relever par la FRC pour les dix prochaines années…