La stimulation cérébrale
• Les circuits de neurones forment un réseau complexe
Physiologiquement, tous les actes, pensées ou sensations, volontaires ou non, nécessitent l’activation d’un circuit de neurones. Ces circuits forment progressivement un réseau complexe qui évolue tout au long de la vie. A la naissance, il existe un grand nombre de neurones et de très nombreuses connexions entre eux, qui ne seront pas toutes utiles. C’est la stimulation de l’enfant par son environnement affectif et ludique qui va renforcer les premiers circuits de neurones, et permettre l’apprentissage de la vision, de la marche, du langage… Au cours du développement, la plasticité cérébrale et la stimulation par l’environnement s’allient pour construire de nouveaux circuits, tandis que les connexions déjà établies se renforcent. Même si le cerveau évolue en permanence, certains apprentissages doivent se faire à un âge donné. Un retard de stimulation, voire une carence, se surmonte difficilement au-delà de la phase à laquelle les circuits se mettent en place.
• Le cerveau : un organe sophistiqué doté d’une grande plasticité
Nombre de travaux scientifiques s’attachent à démontrer la réalité des interactions entre l’environnement et le cerveau. Le rôle majeur de l’environnement a d’ores et déjà été démontré, chez l’animal comme chez l’être humain. Ainsi, des études menées chez des rats en laboratoire montrent que les petits ne se développent pas bien en l’absence de stimulation. Et les observations d’« enfants sauvages », qui ont passé leur vie à l’écart de toute présence humaine, confirment l’implication de l’environnement dans le développement cérébral.
Texte réalisé avec le concours du Professeur Jacques Touchon, Vice-Président du Conseil Scientifique de la FRC : « L’efficacité de
la stimulation cérébraleprofonde dans certains symptômes de
la maladie de Parkinsonest acceptée et reconnue dans le monde entier. »
La stimulation cérébrale profonde (SCP) est la stimulation d’une structure profonde du cerveau par des électrodes implantées chirurgicalement qui délivrent des impulsions électriques de haute fréquence. Elle provoque une inhibition des neurones, qui a des effets thérapeutiques sur les symptômes dans certaines
. A ces électrodes est appliqué un courant électrique à “haute fréquence“ (80 à 200 Hz).
• Une intervention acceptée par toute la communauté scientifique
La stimulation cérébrale profonde consiste à implanter des électrodes dans certaines structures sous corticales. L’intervention, réalisée sous anesthésie locale, se déroule en plusieurs étapes :
1) Les médecins localisent la cible cérébrale par des méthodes d’imagerie comme l’IRM.
2) Le neurochirurgien retrouve la structure lors de l’intervention grâce au cadre stéréotaxique qui entoure la tête du patient. Puis, il implante des électrodes de stimulation dans la cible. Là, il effectue une stimulation test pour juger de l’efficacité.
3) Les électrodes sont reliées par un fil enfoui sous la peau à un boîtier de stimulation qui fait office de "pile", à la manière d’un pacemaker. Celui-ci est logé sous la clavicule et très peu visible.
4) Il reste à stimuler ces électrodes à haute fréquence.
• Un principe simple et des bénéfices reconnus
La stimulation à haute fréquence agit en inhibant les neurones de la structure où sont implantées les électrodes permettant le rétablissement de certains circuits moteurs des ganglions de la base. L’inhibition de ces neurones produit les mêmes effets thérapeutiques que la destruction de la cible. Elle fait disparaître les symptômes cliniques dans certaines maladies neurologiques. Mais, à la différence de la destruction de la structure cérébrale, la stimulation cérébrale profonde est réversible et ses résultats peuvent être modulés en jouant sur les paramètres de stimulation.
A l’heure actuelle, les recherches se poursuivent. Les chercheurs s’investissent et progressent avec régularité dans le domaine des neurosciences.
• Encore des progrès dans le traitement de la maladie de Parkinson
Cette année, une avancée spectaculaire a encore été faite dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. Les travaux ont mis en évidence de nouvelles structures dont le fonctionnement est altéré dans cette affection chronique. Elles se situent dans le tronc cérébral. Cette découverte a permis de mener des recherches pour corriger des symptômes comme les troubles de l’équilibre et de la marche. Ces essais sont encore expérimentaux, mais les résultats s’avèrent prometteurs.
• De nouvelles applications
De nouvelles applications de la stimulation cérébrale profonde ont été mises en évidence. Ainsi, les TOC, ou Troubles Obsessionnels Compulsifs, pourraient bénéficier aujourd’hui de cette nouvelle approche thérapeutique. Il en est de même de la maladie de Gilles de la Tourette, qui se caractérise par des tics moteurs (membres, tête, épaules) et des tics vocaux (bruits, répétition de mots, cris, grossièretés…). Depuis la première intervention dans cette indication, en 1999, de nombreux patients ont pu en bénéficier. Cette nouvelle approche réduit les tics de 70 % à 90 % et constitue un recours pour les patients sévères et résistant aux traitements médicamenteux. A l’heure actuelle, si la stimulation cérébrale profonde a donné des résultats très encourageants dans ces nouvelles indications , TOC et syndrome de Gilles de la Tourette, il n’existe pas, à ce jour, de recommandations consensuelles pour la réalisation de ces interventions encore expérimentales. Les recherches restent plus que jamais nécessaires.
• Les perspectives
La recherche continue sans relâche sur cette approche thérapeutique dont on ne connaît pas encore toutes les possibilités. Les scientifiques essaient d’identifier de nouvelles cibles dans le cerveau. Ils cherchent à définir des protocoles de cibles multiples, capables de soulager tous les symptômes d’une maladie. Et ils se concentrent sur la possibilité de traiter d’autres pathologies. A ce jour, la communauté scientifique développe des efforts particuliers dans deux principales directions : les maladies neuropsychiatriques et le traitement de la douleur. Des études sont en cours dans ces deux domaines. Des résultats ont d’ores et déjà été obtenus dans le traitement de certaines algies vasculaires de la face et dans la prise en charge des douleurs provoquées par la section d’un nerf (douleur des membres fantômes). Parallèlement, des équipes de neurochirurgie se forment à ces techniques, qui doivent être réalisées par des “hyperspécialistes“.
* La stimulation par l’environnement : qui décrit le processus d’adaptation que subit en permanence le cerveau sous l’influence de son milieu.
* La stimulation cérébrale profonde : (SCP) qui correspond à la stimulation électrique délivrée à des zones cérébrales très ciblées par des électrodes, pour restaurer une activité normale des neurones en cas de dégénérescence ou de dysfonctionnements.
